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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 11:00

Certains personnes ont un sens de l'olfaction, du tact, de la dégustation, de l'observation ou de l'écoute tellement fort que cela devient une gêne, voire même un handicap. Imaginez, votre odorat est tellement sensible que la proximité d'autres personnes peut vous donner la nausée. Difficile d'avoir une vie sociale satisfaisante.
Vous êtes assailli par ces informations sensorielles qui se bousculent.


Mais risquons l'hypothèse suivante : quand un sens est trop fort pour gêner c'est que le sens qu'il procure est trop faible pour connaître.
Si un sens nous renseigne (tiens, une odeur !) sur quelque chose dont nous ignorons le sens (mais qu'est-ce donc ?), le malaise s'installe.
Ces odeurs qui vous assaillent, sauriez-vous les nommer ?
Non.
Mais le cerveau déteste l'inconnu car l'ombre est le lieu de prédilection de nos peurs les plus fantasmées, les plus fantasmagoriques. Le mot peut trancher l'obscur et de ses reflets apporter ses lumières. La froideur du métal glace la peur d'effroi, elle la regarde dans les yeux et la fait s'évanouir car ce n'était que des brumes d'inconnaissance.

Personne n'aime être plongé dans un univers inconnu. Si vous entrez dans une pièce et qu'il y a une odeur que vous ne connaissez pas, cela peut attiser votre curiosité. Mais s'il y en a dix, vingt, trente, votre esprit s'enflamme. Vous ne voulez plus sentir l'air du large ou la brise légère, vous voulez mettre les voiles pour rentrer chez vous. Ceux qui aiment l'inconnu ont fait de leur corps un sanctuaire, un havre de paix. Ils peuvent se plonger dans une bouillonnement extérieur grâce à leur paix intérieure.

Pour la reconquérir cette paix intérieure, simplement arriver à nommer ce que vous sentez est un moyen efficace.
Chaque odeur ressentie frappe à la porte de votre conscience. Si elles sont mille à frapper ensemble, ce n'est un léger toc toc que vous entendez mais un grand boum boum, et cela vous affole.
Arriver à nommer, identifier, une à une, chaque odeur. Et s'il n'y a pas de mots, inventez-les en attendant. "Ah, ça c'est l'odeur de la fleur mauve du jardin de la voisine." Certes, il y a mieux comme description, mais donnez-vous du temps. Promouvoir les sens dans le sens de la pensée, cela prend du temps ! Un jour, vous découvrirez que cette fleur mauve est une Rosa rugosa, un rosier rugueux et cela vous ouvrira les portes du P2 (le palais n°2).
Quand vous la sentirez de nouveau, vous aurez un mot pour vous assurer.

Si les sens se présentent à nous, c'est qu'ils attendent d'être évoqués, d'être promus en connaissance.
Si nos rêves s'agitent, c'est qu'ils attendent d'être vécus.
L'évocation de ce qui est recentre l'activé. Bienvenue chez vous.

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Published by Frédéric Rava
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Christine 15/01/2015 19:08

Jolie poésie pour une réalité bien pensée. Vive Socrate, qui n'aurait jamais imaginé une telle déclinaison de son "connais-toi toi-même"?

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