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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 11:00

- Gestion mentale, vous avez dit "gestion mentale" ?
- Eh oui. Parfois on porte le nom qu'on a choisi pour vous...
- Comment ça ?
- Eh bien ce nom ne vient pas de nous, mais de l'éducation nationale.
- Ah bon ?
- Oui, nous parlions à l'origine de "geste mental", et pas de "gestion mentale".
- Comment ça ?
- Eh bien lorsque vous pensez, vous ressentez sans doute votre pensée comme étant en mouvement.
- En effet.
- Et, au moins à certains moments, vous pouvez diriger votre pensée, par exemple en pensant volontairement à quelque chose.
- Oui, bien sûr.
- Un mouvement dirigé, c'est un geste. Et comme c'est dans la tête, c'est un "geste mental".
- L'expression est de La Garanderie ?
- Oui, mais il l'a prise chez Alfred Binet, un grand explorateur de l'intelligence du début du vingtième siècle.
- Et qu'est-ce que ça change de savoir qu'il y a des gestes mentaux.
- On peut apprendre un geste physique, comme la marche, l'escalade, le jeu d'un instrument de musique, non ?
- Oui.
- C'est la même chose pour un geste mental.
- D'accord, mais un geste physique je vois ce que c'est, alors qu'un geste mental, c'est quoi en clair ?
- C'est par exemple être attentif, réfléchir, comprendre, mémoriser, imaginer, les cinq gestes de bases dont tous les autres dont des combinaisons.
- Donc on peut apprendre à mémoriser ?
- Oui, on peut dire ça comme ça, même si en fait vous savez déjà mémoriser : on va simplement amplifier le mouvement naturel de la pensée, l'accompagner, l'amplifier.
L'idée est de restaurer la mobilité de pensée.
- Et cela sert à quelque chose ?
- Oui, d'un point de vue pratiquer, à augmenter l'efficacité de sa mémoire, de sa compréhension, de son attention... par exemple.
D'une façon plus générale, cela permet aussi de contacter la quiescence.
- La quiescence ?... C'est quoi ?
- La quiescence est la qualité non-inquiète (quiet) de la conscience. Accomplir les gestes mentaux de façon déliée apporte un apaisement de la conscience.
- Comment cela est-il possible ?
- Ne pas savoir ce qui vous permet de réussir quelque chose, comme mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer, vous laisse à la merci de votre ignorance, d'où une certaine forme d'inquiétude en arrière-plan : aujourd'hui ça marche, mais demain ? Vous croyez que cela est due à une chance qui pourrait vous abandonner.
Savoir comment vous mémoriser, prêter attention, etc., vous permet de pouvoir le faire quand vous le souhaitez. Cela apporte une sécurité, donc une sérénité.
C'est une façon d'expliquer parmi d'autres.
- Parce qu'il y en a plusieurs ?
- Oui, il y a toujours plusieurs façons, c'est ce que nous montrons : la diversité des chemins.
- Combien y en a-t-il ?
- Si on devait les compter, on en trouverait des milliers, et plus encore !
- Hou la, cela a l'air compliqué alors.
- Oui et non. Avec dix chiffres, de zéro à neuf, on peut écrire des milliers de nombres, et avec les vingt-six lettres de l'alphabet, des milliers de mots. Ici, c'est pareil.
Le nombre d'éléments de base est limité : il y a les cinq gestes par exemple, mais leur combinaison est immense.
- Seulement cinq éléments de base alors ?
- Non, j'en ai trouvé 32.
- 32, mais combien de temps faut-il pour tout voir ?
- Déjà, dans les deux premiers jours de formation, "Découvrir sa gestion mentale", j'en montre dix. Les autres notions sont montrées par la suite.
- Ça c'est en formation, mais si on veut travailler seul, comme pour un élève au lycée, au collège... ?
- Pour les jeunes, il y a aussi des stages, en groupe, et quand on travaille en individuel, il y a des entretiens, comme pour les adultes d'ailleurs.
- Et en individuel, combien de temps ?
- Je peux montrer les 32 éléments de base en dix minutes, mais pour les expliquer, il faut un peu plus de temps. En général, six heures, la durée d'un bilan standard de gestion mentale, suffisent pour les montrer de façon opérationnelle.

Interview de Frédéric Rava-Reny

© Frédéric Rava, 2016 - Tous droits réservés

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:48

Lors d'une récente formation de dialogue pédagogique appliqué, « Accompagner les devoirs », un stagiaire m'interroge : « Très bien, vous dîtes que l'élève n'écrit pas au prof en contrôle, mais dans la vraie vie, nous travaillons bien pour le patron, non ?... »

Alors, de la même façon qu'en contrôle on écrit pour soi, pour le prof et pour un semblable, nous travaillons pour nous, pour le patron et pour les clients ou les usagers.

Nous travaillons pour nous car nous serons les bénéficiaires de notre travail comme nous sommes les bénéficiaires de notre note en contrôle.

Nous travaillons pour le patron de la même façons que nous écrivons au prof en contrôle : cela n'est qu'une façon raccourcie de dire les choses. Le professeur est en réalité le correcteur, de même que le patron est l'employeur. Ces deux fonctions, prof ou patron, jaugent de la qualité de notre travail, mais ce n'est pas eux à qui ils s'adressent. Prof ou patron pensent aux intérêts du client ou de l'usager. Le patron se retrouve ainsi dans la même posture que le prof : comment la personne à qui est destinée notre travail (scolaire dans le cas du prof, non-scolaire dans le cas du patron) l'appréciera-t-elle ?

Nous travaillons donc pour des semblables, des personnes comme nous qui souhaitent bénéficier des biens ou des services que nous leur mettons à disposition.
Le professeur jauge notre capacité à partager notre savoir. L'employeur notre capacité à satisfaire le client ou l'usager. Si en tant qu'employé nos clients sont entièrement satisfaits de notre travail, il sera difficile au patron de le décrier.

Alors oui, il y a un cas de figure précis où la qualité de notre travail peut jouer en notre défaveur : c'est lorsque notre travail est trop bon par rapport à celui que fournit nos collègues (exemple : le mien face à mes collègues de gestion mentale... oui, c'est de l'humour... ou pas... tant pis pour ceux qui ont un faible P4 et les pisse-vinaigre). Pour garder une cohésion d'équipe, nous pouvons nous voir reprocher notre travail, pourtant excellent, voire nous faire virer car le contraste est trop important dans l'équipe. Malheureusement, un patron, c'est comme un prof, ce n'est pas forcément un bon communicant...

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