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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 11:00

À en croire certains, il existerait des opposants. Des êtres singuliers dont le malin plaisir serait de nous contredire. Comme nous ne pouvons pas excommunier en gestion mentale (excommunier : expulser d'une communauté de fidèles et condamner à l'enfer), tout au plus jeter un anathème (anathème : acte de réprobation par lequel on exclut une personne après l'avoir soumise à une très grande honte publique), que nous ne pouvons envoyer la personne au bûcher qu'en évocation ou tout au plus la vouer aux gémonies (vouer aux gémonies : accabler d'outrages), que pouvons-nous donc décemment faire ?...

Décemment, car l'idéal d'accueil de la gestion mentale nous oblige à reconnaître différentes façon de penser, voire pire, d'être.

Alors, avec notre superbe de professeur, de formateur, de praticien, nous pouvons jeter un mot, un seul mot : "opposant". Nous pouvons être plus sournois en enfermant subrepticement la personne dans un état "vous êtes opposant". Qui oserait contredire la parole de l'expert que nous sommes ?...

De la même façon qu'un égoïste est quelqu'un qui ne pense pas à nous, un opposant est quelqu'un qui ne pense pas comme nous (non mais franchement, quel culot ! quelle présomption ! quelle infatuation !).

Les arguments en faveur d'une telle vision (l'existence des opposants) sont simples : dans un (échange de) groupe, il y a toujours quelqu'un qui n'est pas d'accord...

Cela fait frémir... la gestion mentale comme outil de formatage de masse...

Comment maintenir notre liberté face à de tels mythes ? Comment montrer qu'il est naturel, voire même souhaitable, d'avoir des idées différentes sans pour autant subir l’opprobre (la désapprobation, l'humiliation) de nos maîtres, professeurs ou autres experts ?...

D'une part, premier point, l'objectif du dialogue utilisé en gestion mentale : faire, agir, et pour ce faire, trouver une façon adaptée à chacun. Ce que la société, l'école, la vie nous demande, c'est d'être acteur, auteur, de faire ce qui doit être fait (le travail scolaire par exemple). Ce que montrent les travaux d'Antoine de La Garanderie, c'est que pour faire quoi que ce soit, il existe une multiplicité de chemins possibles. Peu importe le chemin, mental, emprunté, l'essentiel est que l'objectif soit accompli (et cela est d'autant plus facile lorsque pour respecter cet objectif nous respectons nos propres besoins cognitifs). Dès le premier jour de formation, telle que je l'anime, je montre que pour réaliser un dessin très identique à celui de son voisin, nous avons chacun fait différemment intérieurement.
Il ne s'agira pas de penser de la même façon, mais d'arriver à faire la même chose, c'est-à-dire à faire ce qui est demandé, en dépit de notre diversité.
Donc, que certains ne soient pas d'accord sur le chemin mental emprunté, ou sur la description de ces chemins mentaux, qu'importe, il s'agit d'accomplir une tâche. Pas d'opposant à l'horizon.

Mais alors où ?... Dans un brain-storming (une recherche d'idées, une démarche heuristique) ?... S'il s'agissait de rechercher des idées pour établir un travail de groupe, alors là, au contraire, des personnes qui ne seraient pas d'accord sont une grande opportunité pour trouver d'autres pistes, explorer des alternatives, exposer des changements possibles. Là, nous abandonnons étrangement le terme "d'opposant" pour adopter celui de "créatif", terme plus laudateur (élogieux, positif, flatteur). Mais bon, n'exagérons pas, si cet opposant reprend du poil de la bête, il sera toujours temps de changer ce "créatif" en "original", voire pire, en "excentrique". Suivre une voie originale est risquée, mais poursuivre dans l'excentricité est téméraire... Pas d'opposant ici : des créatifs, avec lesquels on prendra si besoin de la distance avec la dénomination "original" ou davantage encore avec le mot "d'excentrique".

Mais alors où sont les opposants ?... En vie de groupe ?... S'il s'agissait de définir des objectifs d'une vie en commun, comme des objectifs politiques, alors là, c'est pire pour ceux qui croient en l'existence des "opposants", car ces derniers deviennent absolument nécessaires dans une démocratie ! Mais ceux qui croient en l'existence des "opposants" sont-ils bien à l'aise avec l'idée même de démocratie ?...

En résumé, premier point, pourquoi parler d'opposant quand il s'agit de réaliser la même chose, ou de trouver des idées (différentes par nature de celles déjà existantes) ou de définir des objectifs communs ? Le terme d'opposant s'oppose ici à la diversité cognitive. Il serait plus honnête de parler de ceux qui sont d'accord avec nous et ceux qui ne le sont pas, sans les enfermer dans une étiquette réductrice.

D'autre part, second point, un geste mental étant analogue, semblable, à un geste physique, il contient en lui-même un frein et un accélérateur. Pour exécuter un geste physique, il y a des muscles qui vont dans le sens de ce geste, et d'autres qui freinent l'exécution de ce geste pour lui donner la précision souhaitée. Autrement nous ne pourrions pas marcher à petit pas mais toujours à vive allure. Nous ne pourrions pas caresser mais seulement donner des coups...
C'est à cette vision sommaire, qui se réduit en somme à un échange de coups, que nous invitent ceux qui croient en l'existence "d'opposants". Il y aurait la thèse, et l'antithèse n'aurait pas droit de cité, ni d'existence. L'antithèse serait la marque des "opposants". Quant à la synthèse, n'y pensons même pas. Sans doute une volonté "d'opposants" dont l'ardeur aurait faibli (et, on le sait, Dieu vomit les tièdes, donc, soyons francs, ce sont des opposants, point).
Cette vision primaire rejette donc la réalité de chaque échange : une polarisation entre thèse et antithèse, allant parfois jusqu'à une relation dialectique avec la synthèse.

En résumé, second point, pourquoi parler d'opposant quand le processus naturel de tout échange est de faire apparaître thèse et antithèse ? Il serait intellectuellement douteux d'affirmer que certains se complairaient dans l'antithèse de façon pathologique. C'est pourtant ce qu'affirment ceux qui croient en l'existence des "opposants".

En clair, les opposants, ça n'existe pas.

Et attention. Si vous n'êtes pas d'accord avec moi, c'est que vous en êtes un !

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:00

Peut-on connaître l'ombre sans la lumière ? Peut-on faire du neuf si on ignore le vieux ?

C'est une difficulté du geste d'imagination créatrice, c'est que pour faire du neuf, il faut du vieux (P2). Et ce vieux sera métamorphosé en neuf.

Il faut donc du P2, du code, des lois, des règles... quitte à les transgresser.

Cela ressemble à une relation d'amour-haine : je t'aime, moi non plus.

 

Si nous regardons les relations d'amour-haine, nous y trouverons des points communs avec le profil des créatifs.

En voici dans le désordre.

• Adieu routine abhorrée

Les relations amour-haine évitent de tomber dans la routine, détestée des créatifs. La routine, c'est une forme de code (P2) que l'on suit pour le respecter (geste de réflexion). L'amour-haine, en langage ado, c'est "chaud".

• Rapport passionnés

À passer d'un sentiment (amour) à celui qui semble être son opposé (haine), on fatigue quand même un peu, on souffre, et le mot passion veut bien dire souffrance à l'origine. Donc c'est passionnel, c'est haut en couleur : les créatifs aiment malgré la douleur. La loi est aussi en nous (nous avons besoin de P2) mais elle peut fondre sous les feux de la passion : le feu peut faire fondre le métal, mais le métal en fusion tombe sur le feu et l'abime un peu. Passion qui engendre une fusion qui engendre une blessure. C'est chaud, donc... ça brûle !

• Baisse de l'estime de soi

Mais à force de souffler le chaud et le froid, la coquille de l'image de soi en prend un coup. Elle craquèle. Les créatifs souffrent souvent d'une mauvaise estime d'eux-mêmes : ils la compensent parfois en jouant les divas capricieuses pour mieux masquer leurs blessures. (travaux de Margaret Clark et Steven Graham publiés dans Journal of Personality and Social Psychology 90: 652-665, May 2006 repris dans http://news.yale.edu/2006/06/07/mystery-behind-love-hate-relationships)

C'est chaud, ça brûle, c'est brûlé, je suis en cendres...

 

Alors comment faire ?

Peut-être ce qu'Aristote décrivait comme une amitié obligatoire dans Éthique à Nicomaque (livre VIII, 1157).

Peut-être va-t-on rester ensemble parce qu'on n'a pas trop le choix et surtout car malgré la haine, cela est utile de rester ensemble. C'est donc un peu obligé. C'est un mariage de raison.

Au fil du temps, l'imagination donne sa place à la loi : ce que la loi n'avait pas envisagée, voilà ce qui est neuf. La loi me donne aussi de quoi explorer l'inconnu.

Et la loi s'agrandit des trouvailles de l'imagination : elle se transforme en loi plus forte, plus générale, plus vivante.

 

Au début, on peut avoir envie de ne pas s'habiller comme les autres et faire preuve d'une créativité vestimentaire. Mais si les autres ignorent que nous connaissons les codes, alors nous serons seulement "mal habillés".

Si par contre nous montrons aux autres que nous connaissons la loi, le code vestimentaire (P2), et que nous le transgressons volontairement, alors nous devenons "créateur de mode".

Et nous lançons donc un nouveau code vestimentaire. La loi et l'imagination créatrice peuvent donc faire bon ménage.

Comme le tison de la cheminée sert à raviver les flammes.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 11:00

Pour imaginer (GM) ou dans le langage courant, créer du neuf, on utilise la comparaison, en cherchant similitudes et différence, en s'aidant d'un vieux modèle (P2) duquel on sortira du neuf.

Chercher les limites d'une loi (P2) est donc une façon très habituelle d'inventer de nouvelles connaissances.

C'est en cherchant les irrégularités de l'orbite d'Uranus que Le Verrier découvre Neptune par le calcul.

Grâce à sa méthode de calcul, Le Verrier cherche à découvrir pourquoi Mercure est perturbée. Et il échoue.

C'est en cherchant la limite du modèle de Le Verrier qu'Einstein vérifie la relativité générale (contrairement à ce qu'on imagine d'habitude, la masse tord la lumière).

 

La recherche des limites, de ce qui ne marche pas, permet donc de découvrir ou d'inventer.

 

Le projet de rechercher la différence est ainsi à rattacher majoritairement non pas à la compréhension comme certains le croient, mais bien à l'imagination créatrice.

Grâce à la différence, je vais découvrir ou inventer le sens de ce que je ne connais pas encore, je vais créer une nouvelle connaissance.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 09:00

Lors de la dernière formation espace-temps à Paris, alors que je demande dans quelle matière les stagiaires demandent des exemples, une stagiaire au regard espiègle répond : "En coton !".

OK, un exemple coton d'espace et de temps.

Alors, l'espace, c'est du coton.

Le temps, c'est de la percale, un tissu composé de 80 fils au centimère-carré.

L'espace, c'est le matériau. Le temps, c'est le tissage, la façon dont le matériau est ordonnné.

Comme dans un mot (nom ou verbe d'ailleurs), l'espace sont les lettres et le temps l'ordre dans lequel les lettres sont écrites...

 

Voilà, après mes explications, l'exemple coton a roulé comme sur du velours...

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 10:00

Pour ceux qui n'auraient pas vu le post sur notre page FaceBook :

https://www.facebook.com/gestionmentale/posts/520131368032445

L'image illustre les concepts de perception, d'évocation et de PRODUCTION.

Certes, l'illustration indique le terme suranné (vieilli) de restitution. Mais restitution indique que l'on rend, et que l'on n'a plus rien ! Tandis que production invite à une action.

 

Dans l'image, la perception est "visuelle" (pour les yeux). L'évocation est visuelle. La production est orale.

Amusons-nous un peu pour éviter un piège classique, celui de la typologie.

Pour ceux qui veulent réduire la gestion mentale a une typologie où il y aurait les "visuels" et les "auditifs", voire même quand on n'arrive pas à enfermer quelqu'un dans les deux autres catégories une catégorie poubelle (la kinesthésie), il vaut mieux changer de blog tout de suite ;-)

 

Sur la même perception, une pomme posée sur une table, l'évocation aurait pu être verbale ou même auditive (je mets de côté l'évocation TACTILE pour simplifier...).

La production aurait pu être écrite, graphique, musicale, gestuelle, plastique.

Donc sur une même perception, j'ai TROIS familles d'évocations et SIX familles de production.

Donc DIX-HUIT itinéraires mentaux simples (j'évoque d'une seule façon parmi les trois possibles et je produis d'une seule façon parmi les six possibles).

Ajoutons les QUATRE paramètres de l'évocation (ou les quatre portes). Cela fait 18 x 4 = 72 chemins différents.

Et imaginons que nous avons choisi un des cinq gestes, cela fait 72 x 5 = 360 itinéraires mentaux différents sur UNE seule et même pomme. Et je ne vous ai parlé que des itinéraires simples : une seule nature d'évocation, un seul paramètre, un seul geste, une seule production !... En décrivant chaque jour un itinéraire, il vous faudrait presque un an !...

 

Quand je pense qu'on s'étonne de ne pas comprendre les autres, on devrait davantage s'étonner de les comprendre. ;-)

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 10:00

La gestion mentale a une base philosophique. Pour la cultiver, vous pouvez consulter ce site. Il explique cette citation de Nietzsche :

http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Nietzsche/Imperatifpresent/Imperatifpresent1.html

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 10:00

Nous avions déjà parlé d'Horace Lecoq de Boisbaudran, qui proposait de développer la mémoire picturesque afin de peindre d'après ses évocations.

Dans la rubrique "la gestion mentale avant la gestion mentale", il y a à signaler également de Georges Saint-Paul (1870-1937), Le langage intérieur et les paraphasies : la fonction endophasique , publié en 1904, où on parle de visuelisme et de verbalisme (par exemple), et consultable en ligne à : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5463014k

De quoi intéresser les curieux...

Si vous trouvez des formulations identiques à celles d'Antoine de La Garanderie, merci de les noter et de les partager avec nous !

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 09:33
Comment savoir si ce que nous faisons est bien ou non ?...
Cela masque souvent une autre question d'importance : savoir ce que l'on recherche, ce que nous appelons l'objectif. Pourquoi faisons-nous cela, pour faire quoi faisons-nous cela, dans quel but ?
Reprécision du vocabulaire
L'objectif est externe, extérieur à nous, objectivable, mesurable, tangible : on peut l'évaluer.
Pour atteindre l'objectif, notre pensée se met en mouvement avec une direction et une signification, l'alliance des deux formant ce que nous appelons en gestion mentale un projet, en chinois classique le yi ou intentionnalité (c'est le yi de xing yi quan, hsing yi chuan).
Le projet est interne, intérieur à nous, subjectif, non mesurable, non tangible : on ne peut pas l'évaluer.
C'est la façon dont nous allons procéder pour exécuter une tâche.
 
Critère de validité de la démarche
Pour savoir si le projet est adéquat ou non, il est important de connaître l'objectif.
Plus nous connaissons l'objectif, plus nous savons ce que nous attendons à l'extérieur, mieux nous pourrons savoir si les moyens que nous mettons en oeuvre sont justes ou non.
C'est toujours par rapport à un objectif que nous pouvons dire "c'est bien" ou "ce n'est pas bien".
Aussi, arriver à préciser ce que nous attendons permet de savoir si le chemin que nous utilisons est correct ou non.
Exemples
Un exemple simple : nous voulons enfoncer un clou dans une planche, c'est l'objectif. Nous utiliserons un marteau plutôt qu'un tourne-vis.
Bien sûr, on peut taper sur le clou avec le manche du tourne-vis, c'est moins efficace.
Nous voulons enfoncer une vis dans une planche, c'est l'objectif. Nous utilisersons un tourne-vis plutôt qu'un marteau.
Bien sûr, on peut taper sur la vis avec le marteau : cela semble plus rapide, mais la vis est moins bien fixée que si on avait utilisé un tourne-vis.
Savoir si un marteau est mieux qu'un tourne-vis dépend donc de l'objectif recherché.
Ce sont les résultats attendus qui nous permettent de savoir si c'est bien ou non.
Un marteau, c'est bien ?... Non, c'est bien pour les clous.
Un tourne-vis, c'est bien ?... Oui, c'est bien pour les vis.
Un grand poison dans notre vie est que nous restons sur des "c'est bien" et des "ce n'est pas bien" alors que les situations changent et les objectifs aussi.
 
Respiration
La connaissance de ces deux pôles (objectif et projet) entraîne également une confrontation entre objectif extérieur et projet intérieur, comme une respiration qui nous donne de l'amplitude.
Au départ d'une activité, nous avons souvent une vague idée de ce que nous recherchons. Elle peut se préciser au fur et à mesure que nous agissons. Nous découvrons alors des aspects de nous-même passés inaperçus. Comme l'objectif se précise, nous réajustons notre projet, et ainsi nos actions.
 
Voici pourquoi aussi il est important de faire des pauses, une pause évocative pour intérioriser l'extérieur, une pause structurante pour laisser le temps à nos nouvelles connaissances de se structurer avec les anciennes...
Et de se reposer un jour sur sept pour faire le point dans notre vie : identifier notre état (où suis-je), notre objectif (où vais-je ?), comment nous allons l'atteindre (dans quel état j'erre ?).
D'où la célèbre citation : où suis-je, ou courge ? dans quelle étagère ?...
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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 23:00

Deux citations de Schiller, entendues à la radio donc non vérifiées (mais probables) :

 

« Mes mots sont le miroir que je leur tends, ils y voient leur force.»

Cela me fait penser au dialogue pédagogique où nous reformulons à la personne ce qu'elle vient de dire afin qu'elle puisse prendre conscience de son fonctionnement et donc de sa force.

 

« Chacun doit être le héros de sa propre vie. »

Et là je pense au projet de sens profond qui nous anime et nous fait accomplir notre existence : n'est-ce pas là non plus ce que nous recherchons en dialogue, inviter l'autre à devenir ce qu'il est, le héros de sa propre vie ?...

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:39

Eugène alla regarder le modèle du dessin à reproduire.

Dans la troisième activité du groupe "les trois activités", il s'agit de copier à distance une frise : c'est la séparation dans l'espace, le poste d'information étant séparé dans l'espace du poste de production. On ne fait pas à l'endroit où on prend l'info.

 

Pour reproduire la figure, Eugène pré-voit la place de l'ensemble du dessin à reproduire : ce sera toute la feuille.

Puis, il prend ensuite les "détails" en découpant la figure en quatre parties, chacune ayant une couleur distincte sur le modèle.

La première partie compte en tout huit traits.

Pour la prendre mentalement, Eugène les juxtapose, et non pas un par un, mais bloc par bloc, des blocs prenant de plus en plus d'espace

.

Le départ : un trait.

Un trait plus deux traits : où suis-je ?... ici, ça va.

Un trait plus deux traits plus trois traits... et un plus un.

Ici, le 1 + 2 + 3 est spatial : Eugène juxtapose ses traits en prenant un ensemble à chaque fois de plus en plus spatieux, et en suivant une progression arithmétique (1 + 2 + 3 + ...).

 

Eugène complète son espace premier, il ne construit pas.

Ensuite, pour chaque partie :

- soit il trouve à quoi ça ressemble en vrai (P1) et c'est une image muette (espace) qui remue (temps)) ;

- soit il trouve que ça ressemble à une lettre ou un symbole (P2) et c'est une image qui ne remue pas (espace) mais qu'il va parler (évocation verbale et temps).

 

 

La suite du dialogue pédagogique montrera qu'Eugène procède toujours ainsi face à du vu.

Quand je vois avec mes yeux (perception), j'évoque visuellement au départ, soit en P1 et c'est muet et ça remue, soit quand je ne trouve pas de référent concret en P2 et ça ne remue pas et c'est parlé (évocation verbale suite à une évocation visuelle).

Prendre conscience de son fonctionnement peut aider à diriger son attention si nécessaire.

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