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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 07:00

Lorsque nous ignorons comment agir, nous avons peur. Et nous avons peur de manquer, puisque nous ne savons pas comment obtenir ce dont nous avons besoin. La peur engendre donc l'avidité. Et lorsque nous sommes avides, forcément nous consommons sans retenue et sans mesure, c'est donc du gaspillage.

La passivité engendre aussi les mêmes conséquences puisque nous n'agissons ni à l'endroit, ni au moment, ni de la façon dont il faudrait agir. Pour satisfaire nos besoins, l'action que nous ferons sera alors inadéquate et notre besoin inassouvie. Cherchant à le combler malgré notre manque d'adaptation, nous gaspillerons nos ressources ou celles dont nous avons besoin pour étancher la soif de nos besoins. Il y aura donc là aussi un gaspillage.

La pratique des gestes mentaux permet d'apprendre à agir correctement, elle nous aide à sortir de la torpeur de notre passivité. La peur se dissipe au fur et à mesure que la connaissance des gestes et l'entraînement progressent. Les besoins de la personne sont ainsi mieux pris en compte et mieux assouvis. L'avidité n'a donc plus de raison d'être, et le gaspillage s'estompe.

Nous contactons ainsi la quiescence, la qualité calme, non inquiète de la conscience.

Voilà pourquoi la pratique des gestes mentaux préserve les ressources naturelles et grâce à une action plus réfléchie promeut en même temps une économie plus productive.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:00

Respecter les règles, quand on est créatif, c'est compliqué. Pourquoi ? Parce que créer, c'est créer du neuf, et pour cela il faut briser le vieux que représente les règles.
Pas forcément en les détournant, mais au moins en les prolongeant ou en les combinant avec d'autres éléments.
Mais rester dans les clous, quelle plaie !
Alors comment peut-on faciliter l'assimilation des règles, nécessaires à toute vie en groupe ?
Une façon de procéder est de faire jouer la créativité.
Comment ? En proposant de découvrir ou d'inventer les raisons de la loi.
Par exemple, en posant la question :
« D'après toi, pourquoi a-t-on fait cette règle ? »
ou
« D'après toi, quelle situation a bien pu nous obliger à adopter ce règlement ? »
Nous pouvons aussi faire jouer le détournement :
« D'après toi, que se passerait-il si on ne respectait pas cette loi ? »
Un point essentiel est de demander à l'autre son point de vue par cette formulation :
« D'après toi... »
afin de ne pas laisser la loi comme étrangère, de la familiariser en trouvant des situations à créer avec.

 

Pour ceux qui veulent avoir un éclairage technique...
Le geste d'imagination brise la règle, du P2, pour créer du neuf, du P4, tandis que le geste de réflexion la respecte en s'appuyant sur du P2. Ces deux gestes sont antagonistes, d'où la difficulté des personnes qui affectionnent l'imagination à suivre lois et règlements (P2). Au lieu de laisser ces deux gestes s'affronter, nous pouvons les faire travailler ensemble afin de forger une loi (P2) éclairée par les lueurs de la créativité. Nous allons utiliser :
- l'une ou les deux modalités de l'imagination : la découverte, modalité réceptive, ou l'invention, modalité active ;
- la thèse du P4, l'antithèse du P4 et/ou la synthèse du P4 ;
- la technique du dialogue pédagogique avec l'invite « D'après toi... »

 

Pour ceux qui veulent savoir quand ces notions sont traités en formation
Les deux modalités de l'imagination sont vus dans les formations suivantes : « Connaître les gestes mentaux de base » (GM5), « Animer la classe en gestion mentale »(ANI) ;
Les trois aspects du P4 sont vus : dans les mêmes formations que précédemment pour les nouvelles sessions, et pour les anciens stagiaires dans les journées d'harmonisation (HAR), « Pratiquer le dialogue » (PRA)...
La technique du dialogue pédagogique est vu pour les parents dans la formation « Accompagner les devoirs » (ACC), pour les enseignants dans « Animer la classe » (ANI), pour tous dans « Animer les dialogue pédagogique » (ADP).

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:00

Vous aimeriez lire davantage de témoignages de parents, d'enseignants ou d'autres professionnels formés en "gestion mentale" ?...
Vous aimeriez partager votre expérience, aussi modeste soit-elle, afin d'en faire profiter d'autres ?...
Nous avons pensé à vous !

En plus du millier de personnes formées dont vous faites peut-être partie et pour lesquelles nous avons créé ce blog et organisons les formations et autres événements réguliers, votre association IFeP anime un réseau d'une centaine d'enseignants en France et en Italie (sans oublier nos amis en République Tchèque, en Suisse, en Belgique, au Canada, aux USA, en Turquie, en Chine...).

Nous avons donc sans doute des petites expériences à partager...

Alors n'hésitez plus ! Envoyez-nous des articles !...

Comment publier des articles sur le blog ?... Huit ou neuf étapes

1. Envoyez-nous un mail via http://gestionmentale.net/contacts/ en nous demandant de participer au blog.

2. Attendez notre réponse ! (nous vous demanderons surtout votre parcours en "gestion mentale"... cela fait 18 ans que nous faisons de la "gestion mentale" donc pour certains d'entre vous, cela fait un moment que nous n'avons pas eu de vos nouvelles !...)

3. Créez un compte overblog : c'est gratuit !

4. Une fois votre compte overblog créé, envoyez-nous le mail que vous avez utilisé pour créer ce compte.

5. Nous vous inscrivons comme "contributeur". Vous pouvez alors écrire des articles. Comment ?... C'est la suite...

6. Connectez-vous à votre compte overblog. Choisissez, en haut à gauche, sur quel blog vous souhaitez écrire (gestionmentale.info).

6. Écrivez l'article.

7. Cliquez sur le bouton "Soumettre" (à droite)

8. Attendre une réponse de l'administrateur...

9. Si vous manquez d'humour (chose hélas très fréquente en "gestion mentale") ou avez une trop haute estime de vous-même (idem), et que malheureusement votre article n'est pas publié comme vous le souhaiteriez, envoyez-nous un mail d'insultes et dénoncez notre aveuglement et notre sectarisme sur votre page FaceBook, Twitter & Co (bien sûr ce point 9 est de l'humour... ou pas !)

 

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Published by Frédéric Rava - dans Dialogue Formations formateur
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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 08:00

Accompagner les devoirs, ou comment passer de la corvée à un moment d'échanges ©, est le titre d'une de nos formations (la prochaine à Bordeaux dimanche prochain).
Cette journée offre clés en mains à la fois des recettes et un état d'esprit. Elle est le fruit d'un long travail de recherches de dizaines d'années de pratique. Elle illustre ce qu'est la "gestion mentale" ou la connaissance des gestes mentaux en conscience : une discipline entre le développement personnel (avec l'objectif de quiescence) et la méthodologie (avec des techniques efficaces pour s'adapter aux exigences scolaires puis sociales).
Dans cette journée, les parents trouveront à la fois des "recettes", utilisables de suite, et dont le succès est avéré, et aussi un état d'esprit qui transforme le temps des devoirs en un temps d'échanges, si précieux dans la vie familiale. Les enseignants et autres professionnels de l'éducation trouveront une méthodologie dont ils ignorent hélas souvent presque tout et aussi la possibilité de nouer de nouvelles relations avec leurs élèves ou les personnes qu'ils accompagnent.
Toutes les autres personnes intéressées par la "gestion mentale", comme les orthophonistes, les psy, les coachs non scolaires... trouveront en une journée l'essence du "dialogue pédagogique", LA technique centrale de la discipline.

Cette formation est aussi ouverte aux personnes ayant suivi notre formation de formateurs et praticiens, car ils peuvent l'animer après l'avoir suivi comme stagiaire puis animée sous supervision.
Notre objectif demeure toujours de promouvoir le plaisir d'apprendre, nous avons besoin de tous et de chacun !

Alors à bientôt dans nos formations...

(nous vous accueillons toujours au 06 05 29 43 05)

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 11:00

- Gestion mentale, vous avez dit "gestion mentale" ?
- Eh oui. Parfois on porte le nom qu'on a choisi pour vous...
- Comment ça ?
- Eh bien ce nom ne vient pas de nous, mais de l'éducation nationale.
- Ah bon ?
- Oui, nous parlions à l'origine de "geste mental", et pas de "gestion mentale".
- Comment ça ?
- Eh bien lorsque vous pensez, vous ressentez sans doute votre pensée comme étant en mouvement.
- En effet.
- Et, au moins à certains moments, vous pouvez diriger votre pensée, par exemple en pensant volontairement à quelque chose.
- Oui, bien sûr.
- Un mouvement dirigé, c'est un geste. Et comme c'est dans la tête, c'est un "geste mental".
- L'expression est de La Garanderie ?
- Oui, mais il l'a prise chez Alfred Binet, un grand explorateur de l'intelligence du début du vingtième siècle.
- Et qu'est-ce que ça change de savoir qu'il y a des gestes mentaux.
- On peut apprendre un geste physique, comme la marche, l'escalade, le jeu d'un instrument de musique, non ?
- Oui.
- C'est la même chose pour un geste mental.
- D'accord, mais un geste physique je vois ce que c'est, alors qu'un geste mental, c'est quoi en clair ?
- C'est par exemple être attentif, réfléchir, comprendre, mémoriser, imaginer, les cinq gestes de bases dont tous les autres dont des combinaisons.
- Donc on peut apprendre à mémoriser ?
- Oui, on peut dire ça comme ça, même si en fait vous savez déjà mémoriser : on va simplement amplifier le mouvement naturel de la pensée, l'accompagner, l'amplifier.
L'idée est de restaurer la mobilité de pensée.
- Et cela sert à quelque chose ?
- Oui, d'un point de vue pratiquer, à augmenter l'efficacité de sa mémoire, de sa compréhension, de son attention... par exemple.
D'une façon plus générale, cela permet aussi de contacter la quiescence.
- La quiescence ?... C'est quoi ?
- La quiescence est la qualité non-inquiète (quiet) de la conscience. Accomplir les gestes mentaux de façon déliée apporte un apaisement de la conscience.
- Comment cela est-il possible ?
- Ne pas savoir ce qui vous permet de réussir quelque chose, comme mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer, vous laisse à la merci de votre ignorance, d'où une certaine forme d'inquiétude en arrière-plan : aujourd'hui ça marche, mais demain ? Vous croyez que cela est due à une chance qui pourrait vous abandonner.
Savoir comment vous mémoriser, prêter attention, etc., vous permet de pouvoir le faire quand vous le souhaitez. Cela apporte une sécurité, donc une sérénité.
C'est une façon d'expliquer parmi d'autres.
- Parce qu'il y en a plusieurs ?
- Oui, il y a toujours plusieurs façons, c'est ce que nous montrons : la diversité des chemins.
- Combien y en a-t-il ?
- Si on devait les compter, on en trouverait des milliers, et plus encore !
- Hou la, cela a l'air compliqué alors.
- Oui et non. Avec dix chiffres, de zéro à neuf, on peut écrire des milliers de nombres, et avec les vingt-six lettres de l'alphabet, des milliers de mots. Ici, c'est pareil.
Le nombre d'éléments de base est limité : il y a les cinq gestes par exemple, mais leur combinaison est immense.
- Seulement cinq éléments de base alors ?
- Non, j'en ai trouvé 32.
- 32, mais combien de temps faut-il pour tout voir ?
- Déjà, dans les deux premiers jours de formation, "Découvrir sa gestion mentale", j'en montre dix. Les autres notions sont montrées par la suite.
- Ça c'est en formation, mais si on veut travailler seul, comme pour un élève au lycée, au collège... ?
- Pour les jeunes, il y a aussi des stages, en groupe, et quand on travaille en individuel, il y a des entretiens, comme pour les adultes d'ailleurs.
- Et en individuel, combien de temps ?
- Je peux montrer les 32 éléments de base en dix minutes, mais pour les expliquer, il faut un peu plus de temps. En général, six heures, la durée d'un bilan standard de gestion mentale, suffisent pour les montrer de façon opérationnelle.

Interview de Frédéric Rava-Reny

© Frédéric Rava, 2016 - Tous droits réservés

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:48

Lors d'une récente formation de dialogue pédagogique appliqué, « Accompagner les devoirs », un stagiaire m'interroge : « Très bien, vous dîtes que l'élève n'écrit pas au prof en contrôle, mais dans la vraie vie, nous travaillons bien pour le patron, non ?... »

Alors, de la même façon qu'en contrôle on écrit pour soi, pour le prof et pour un semblable, nous travaillons pour nous, pour le patron et pour les clients ou les usagers.

Nous travaillons pour nous car nous serons les bénéficiaires de notre travail comme nous sommes les bénéficiaires de notre note en contrôle.

Nous travaillons pour le patron de la même façons que nous écrivons au prof en contrôle : cela n'est qu'une façon raccourcie de dire les choses. Le professeur est en réalité le correcteur, de même que le patron est l'employeur. Ces deux fonctions, prof ou patron, jaugent de la qualité de notre travail, mais ce n'est pas eux à qui ils s'adressent. Prof ou patron pensent aux intérêts du client ou de l'usager. Le patron se retrouve ainsi dans la même posture que le prof : comment la personne à qui est destinée notre travail (scolaire dans le cas du prof, non-scolaire dans le cas du patron) l'appréciera-t-elle ?

Nous travaillons donc pour des semblables, des personnes comme nous qui souhaitent bénéficier des biens ou des services que nous leur mettons à disposition.
Le professeur jauge notre capacité à partager notre savoir. L'employeur notre capacité à satisfaire le client ou l'usager. Si en tant qu'employé nos clients sont entièrement satisfaits de notre travail, il sera difficile au patron de le décrier.

Alors oui, il y a un cas de figure précis où la qualité de notre travail peut jouer en notre défaveur : c'est lorsque notre travail est trop bon par rapport à celui que fournit nos collègues (exemple : le mien face à mes collègues de gestion mentale... oui, c'est de l'humour... ou pas... tant pis pour ceux qui ont un faible P4 et les pisse-vinaigre). Pour garder une cohésion d'équipe, nous pouvons nous voir reprocher notre travail, pourtant excellent, voire nous faire virer car le contraste est trop important dans l'équipe. Malheureusement, un patron, c'est comme un prof, ce n'est pas forcément un bon communicant...

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 10:00

Que propose la formation Apprivoiser la grammaire ?

1. Tout d'abord de connaître les bases de la grammaire pour accompagner quelqu'un en français, comme des enfants de primaire ou des jeunes de collège ou lycée.

2. Ensuite, de développer sa clarté d'esprit, sa conscience ou sa logique. Pour utiliser des termes plus techniques, de voir comment la langue joue avec la polarité spatio-temporelle, jongle entre le pôle du nom et le pôle du verbe, explore les différentes possibilités pour ne jamais se laisser figer dans une description.

3. Enfin, d'augmenter sa collecte de renseignements sur le fonctionnement de l'autre et le sien. Lorsque deux personnes échangent à l'oral, lors d'un dialogue par exemple, il y a ce qui est dit avec les mots, et ce qui est dit avec le corps, l'intonation, la posture, mais aussi avec la construction grammaticale des phrases.

Ce qui est dit par les mots seuls, c'est le niveau verbal de la communication ou les signaux de forte intensité, que tout le monde peut noter.

Ce qui est dit à travers les détentes, tensions ou contractions musculaires, c'est le niveau non-verbal de la communication ou les signaux de faible intensité, que tout le monde ne voit pas mais que chacun ressent plus ou moins (on sent que l'on est en phase avec son interlocuteur ou non).

Ce qui est dit à travers les choix grammaticaux de la personne, correspond à un niveau intermédiaire entre verbal et non-verbal. Cela reflète la structure de pensée de la personne. Cette prise d'indices est très utile pour les niveaux avancés de pratique de dialogue pédagogique.

On peut donc trouver différents intérêts dans le suivi de cette formation.

À qui s'adresse-t-elle ?

À tous, parents, professionnels de la pédagogie ou de la communication, étudiants. Aucune connaissance de base n'est requise.

Qui l'a créée et pourquoi ?

Cette formation fait partie du travail de recherche de Frédéric Rava-Reny, formateur-chercheur en pédagogie. Elle répond à un besoin simple : comment faire acquérir le plus rapidement possible à quelqu'un les bases qui lui manquent ? Et aussi au besoin pour certains élèves d'apprendre plus vite, donc c'est aussi un programme d'enseignement accéléré, très utile aux enfants qui s'ennuient comme aux enfants précoces, ou tous les curieux d'une façon générale.

Quel coût ?

Pour rendre la formation accessible au plus grand nombre, IFeP la propose à 50 € par personne en 2015. Il y a aussi des tarifs de groupe (contactez nous !).

Où ?

N'importe où ! Cette formation a déjà été donnée à Bordeaux, Lyon, Paris, Marseille... Nous avons des formateurs agréés partout en France, et ils se déplacent ! Il suffit d'en faire la demande ou de se renseigner. Vous pouvez nous contacter au 06 05 29 43 05 pour en savoir davantage.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 10:00

IFeP a organisé trois stages jeunes en 2014, avec une centaine de participants en tout. Des stages où seuls les jeunes progressent ?...

Dans chaque stage, tout le monde continue à apprendre. L'apprentissage fondamental, c'est d'apprendre sans peur. On doit renoncer à de vieux schémas pour accueillir la nouveauté de la vie. C'est parfois difficile, mais c'est toujours salutaire.
En stage comme en dialogue individuel, chaque échange fait renaître en liberté notre dialogue avec la vie.

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Published by Frédéric RAVA - dans Dialogue
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 10:00

Dans la formation Animer le dialogue pédagogique, nous apprenons qu'entre ce qu'une personne dit et ce qu'elle pense, il y a un écart. Écart naturel car entre ce qui se passe en la personne, ce dont elle est consciente, ce qu'elle arrive à formuler et ce qu'elle consent de dire, il y a souvent des pertes.

Nous pouvons vivre cette expérience en apprenant une langue étrangère : parfois nous dirons ce que nous pourrons, et pas forcément ce que nous voulons.

Dans notre vie, quotidienne, familiale, sociale... c'est la même chose.
Nous sentons un écart, une perte d'intensité entre ce que nous vivons et ce que nous pouvons en dire. Aussi sommes-nous heureux de pouvoir trouver nos idées, nos pensées, nos sentiments, nos sensations si justement décrits sous la plume d'un auteur dont nous ferons alors la publicité.

La littérature est alors une mise en lettre de notre intériorité. Écrire devient mettre en lettres notre intérieur. Et cette mise en ordre à l'extérieur clarifie notre intérieur brouillon, et cette concordance entre le monde et nous délivre un sentiment d'harmonie.
À nous de trouver les lectures dont nous sommes le reflet...

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:00

Le jour où je vous ai dit que votre niveau littéraire laissait à désirer, vous avez sursauté, et protesté, réagissant ainsi comme je l'avais espéré.
En troisième, on peut croire que l'on est "littéraire" et de ce fait se laisser aller en "sciences"...
Croyez-vous que "littéraire" rime avec consommateur de livres ?...
En ce cas, les mites et autres animaux se repaissant des pages teintées à l'encre noire sont des bêtes de littérature.
Vous avez protesté en arguant votre lecture d'un ouvrage de Sartre, celui où il dit que l'enfer, c'est les autres.
Citation que vous croyez avoir comprise... mais quelle est votre compréhension de cette phrase ? Que votre sœur vous tape sur les nerfs ? Que vos parents sont pénibles et limitent votre liberté ou supposée telle ?...

Croire qu'un abandon, tout au moins un laisser-aller, dans les domaines scientifiques (ou autres) parce que l'on se destine à devenir un "littéraire", est la marque d'une attitude digne d'un "littéraire" serait une grave erreur.
Tout d'abord, les grands noms de la littérature vous donnent tort : la plupart d'entre eux furent des esprits universels, donc ouverts et curieux de tout.
Ensuite, en limitant votre connaissance scientifique à celle de la troisième, vous n'avez guère plus que le bagage d'un honnête homme du... dix-neuvième siècle...
Enfin, le collège n'offre en réalité qu'une initiation aux sciences et masque à la fois les opérations de la pensée et les grandes idées philosophiques incluses dans la physique ou la chimie.
La rigueur du raisonnement scientifique se retrouve dans la discipline reine du bloc "littéraire" : la philosophie.
Renoncer dès à présent à exercer votre esprit à la rigueur, c'est gréver vos chances d'atteindre les sommets de la pensée philosophique.

Vous me dites être littéraire.
Mais parlez-vous grec, parlez-vous latin ?...
Comment vous réclamer d'un fleuve dont vous ignorez les sources ?....
Connaissez les œuvres fondatrices et fécondes de la pensée européenne ?...
Gardez à l'esprit ces paroles d'un certain Guillaume : nous sommes des nains, mais des nains juchés sur des épaules de géants.
De quels géants peut-il bien s'agir ?...
Nous avons tous en Europe un héritage à découvrir : celui du monde gréco-romain et celui du monde judéo-chrétien.
L'Iliade et l'Odyssée d'une part, la Bible d'autre part, voilà, avec leurs contextes, ce qui fondent notre culture. Le Grec nous a donné la vue et l'Hébreu l'ouïe.
A vous de choisir d'être aveugle, sourd ou les deux.
En ces temps troublés, parler d'une collection d'ouvrages au nom prestigieux, "Bible", pourrait sembler être du prosélytisme. Loin de moi cette idée. Je vous invite seulement à recueillir votre héritage, à vous ensuite d'en disposer comme bon vous semble.
Et puis, savoir ce qui agit en vous, car nous avons tous de par notre croissance dans notre environnement culturel reçu cette empreinte, n'est-ce pas déjà un pas supplémentaire vers la liberté ?... À moins de se limiter à une interprétation de la phrase de Spinoza, "on se sent libre quand on ignore les causes qui nous font agir".

Mais à quoi bon ?
Oui, à quoi bon écrire ces lignes ?... Où est le but ?
Pourquoi les "sciences" ou la "littérature" ?...
Pourquoi vous inviterais-je à l'une et aux autres et non pas à l'une ou aux autres ?...
Parce qu'il me semble qu'un des buts fondamentaux de l'existence humaine est d'être de plus en plus conscient, d'exercer et de développer une conscience de plus en plus raffinée du monde dans lequel nous évoluons.
Là est un des projets de chaque être humain, et sans doute l'institution d'organisations comme le "collège" ou le "lycée" : rendre ses fréquentateurs de plus en plus conscients.
L'enfant a une conscience limitée du monde qui l'entoure, le sage - ou le vrai philosophe si vous préférez - une conscience illimitée. Une conscience, pas un savoir.
Chaque matière "scolaire" vous invite à travailler votre conscience du monde, à affiner votre regard, à construire une nouvelle écoute.
La physique vous invite à observer la concrétitude du monde pour accéder par sauts à une abstraction qui vous permettra en retour de mieux comprendre (dont un des sens est prendre avec soi) cette réalité.
Et le "français" ?...
Ne vous invite-t-il pas à découvrir avec toujours plus de finesse et d'exactitude, et donc de potentielle maîtrise, la façon dont ces sons ou ces lettres écrites, qui ont du sens, je veux dire les mots, influent votre pensée, votre affect, votre ressenti.
De la même façon que les peintres recherchent l'effet produit par l'association de deux couleurs, les poètes, par exemple, s'interrogent sur le ressenti provoqué ou suscité par des mots mis ensemble.
Les grammairiens, les linguistes recherchent le ressort des mots : par exemple pourquoi et en quoi si je modifie l'ordre nom - adjectif je produis tel effet chez le locuteur ou le lecteur : un grand homme, un homme grand... un petit chien, un chien petit...
La littérature et les "gens de lettre" pensent sur le pouvoir évocatif des mots, des phrases, la description du réel par la langue, les idées produites par un idiome...
Tous les liens entre la langue et le réel, voilà le champ de conscience qu'étudie le domaine littéraire.

Ouvrez donc vos projets d'études, ne les enfermez pas dans des idées toutes faites, vous savez, les préjugés, ce que les grands noms de la littérature ont dans leur ensemble combattus.
Poursuivez, élargissez, intensifiez votre étude.
Vous découvrirez que la Vie est infiniment plus riche que la meilleure description que l'on puisse en faire.
Lisez donc ce qui fut écrit au bout d'une plume et prenez enfin votre envol vers la plus noble destination : le meilleur de vous-même, le cœur de votre être.
Bon voyage.

Frédéric Rava-Reny

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