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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:00

Pour chaque notion nous disposons de deux regards distincts, chacun l'éclairant à sa manière. Techniquement, nous les appelons "espace" et "temps", mais ils peuvent porter bien d'autres non.

Lorsque nous ne comprenons pas, nous pouvons toujours chercher à changer notre regard, basculer de l'un à l'autre.

Dans un problème de pesée, nous pouvons utiliser une balance électronique sans succès. Une seule balance nous oblige à procéder à des pesées successives, l'une après l'autre. Si cela ne marche pas, nous pouvons changer de regard et rechercher ce qui nous permettrait d'avoir toutes les informations en même temps. L'idée d'une balance à plateau arrive alors à point nommé.

Pour chaque notion, nous pouvons rechercher le point de vue spatial et le point de vue temporel, car ils existent forcément. Savoir que leur existence est obligatoire nous permet de nous motiver pour la trouver.
Prenons la notion d'équilibre. Que serait un équilibre spatial et l'un temporel ?... Changeons pour des synonymes. Que serait un équilibre statique et un dynamique ?...
Remplissons d'eau un évier bouché : c'est un équilibre statique. Retirons le bouchon et faisons en sorte de faire couler autant d'eau qu'il en sort : c'est un équilibre dynamique.

Il y a donc toujours au moins une deuxième façon de voir les choses. Et en réalité beaucoup plus, de quoi avoir confiance dans notre capacité à trouver des solutions.

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Les notions d'espace-temps sont présentés :
- lors de la première séance d'un entretien individuel si on présente les 32 éléments de base de la pensée ;
- en entretien individuel ou en stage jeunes lors des séquences "Explorer la compréhension et la réflexion" ;
- dans les formations "Animer la classe en gestion mentale" le premier jour, "Connaître les bases de la pensée en mouvement", "Situer les écueils de la compréhension".

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Published by Frédéric RAVA - dans Espace-Temps Motivation
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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 11:00

- Gestion mentale, vous avez dit "gestion mentale" ?
- Eh oui. Parfois on porte le nom qu'on a choisi pour vous...
- Comment ça ?
- Eh bien ce nom ne vient pas de nous, mais de l'éducation nationale.
- Ah bon ?
- Oui, nous parlions à l'origine de "geste mental", et pas de "gestion mentale".
- Comment ça ?
- Eh bien lorsque vous pensez, vous ressentez sans doute votre pensée comme étant en mouvement.
- En effet.
- Et, au moins à certains moments, vous pouvez diriger votre pensée, par exemple en pensant volontairement à quelque chose.
- Oui, bien sûr.
- Un mouvement dirigé, c'est un geste. Et comme c'est dans la tête, c'est un "geste mental".
- L'expression est de La Garanderie ?
- Oui, mais il l'a prise chez Alfred Binet, un grand explorateur de l'intelligence du début du vingtième siècle.
- Et qu'est-ce que ça change de savoir qu'il y a des gestes mentaux.
- On peut apprendre un geste physique, comme la marche, l'escalade, le jeu d'un instrument de musique, non ?
- Oui.
- C'est la même chose pour un geste mental.
- D'accord, mais un geste physique je vois ce que c'est, alors qu'un geste mental, c'est quoi en clair ?
- C'est par exemple être attentif, réfléchir, comprendre, mémoriser, imaginer, les cinq gestes de bases dont tous les autres dont des combinaisons.
- Donc on peut apprendre à mémoriser ?
- Oui, on peut dire ça comme ça, même si en fait vous savez déjà mémoriser : on va simplement amplifier le mouvement naturel de la pensée, l'accompagner, l'amplifier.
L'idée est de restaurer la mobilité de pensée.
- Et cela sert à quelque chose ?
- Oui, d'un point de vue pratiquer, à augmenter l'efficacité de sa mémoire, de sa compréhension, de son attention... par exemple.
D'une façon plus générale, cela permet aussi de contacter la quiescence.
- La quiescence ?... C'est quoi ?
- La quiescence est la qualité non-inquiète (quiet) de la conscience. Accomplir les gestes mentaux de façon déliée apporte un apaisement de la conscience.
- Comment cela est-il possible ?
- Ne pas savoir ce qui vous permet de réussir quelque chose, comme mémoriser, comprendre, réfléchir, imaginer, vous laisse à la merci de votre ignorance, d'où une certaine forme d'inquiétude en arrière-plan : aujourd'hui ça marche, mais demain ? Vous croyez que cela est due à une chance qui pourrait vous abandonner.
Savoir comment vous mémoriser, prêter attention, etc., vous permet de pouvoir le faire quand vous le souhaitez. Cela apporte une sécurité, donc une sérénité.
C'est une façon d'expliquer parmi d'autres.
- Parce qu'il y en a plusieurs ?
- Oui, il y a toujours plusieurs façons, c'est ce que nous montrons : la diversité des chemins.
- Combien y en a-t-il ?
- Si on devait les compter, on en trouverait des milliers, et plus encore !
- Hou la, cela a l'air compliqué alors.
- Oui et non. Avec dix chiffres, de zéro à neuf, on peut écrire des milliers de nombres, et avec les vingt-six lettres de l'alphabet, des milliers de mots. Ici, c'est pareil.
Le nombre d'éléments de base est limité : il y a les cinq gestes par exemple, mais leur combinaison est immense.
- Seulement cinq éléments de base alors ?
- Non, j'en ai trouvé 32.
- 32, mais combien de temps faut-il pour tout voir ?
- Déjà, dans les deux premiers jours de formation, "Découvrir sa gestion mentale", j'en montre dix. Les autres notions sont montrées par la suite.
- Ça c'est en formation, mais si on veut travailler seul, comme pour un élève au lycée, au collège... ?
- Pour les jeunes, il y a aussi des stages, en groupe, et quand on travaille en individuel, il y a des entretiens, comme pour les adultes d'ailleurs.
- Et en individuel, combien de temps ?
- Je peux montrer les 32 éléments de base en dix minutes, mais pour les expliquer, il faut un peu plus de temps. En général, six heures, la durée d'un bilan standard de gestion mentale, suffisent pour les montrer de façon opérationnelle.

Interview de Frédéric Rava-Reny

© Frédéric Rava, 2016 - Tous droits réservés

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 10:15

Être attentif, cela n'existe pas, ce qui existe, c'est être attentif à quelque chose. Être attentif nécessite un contact sensoriel (à la chose avec laquelle nous allons être attentive/attentif), une évocation (un souvenir), et une direction de pensée (le projet, l'intentionnalité).

Être attentif à quelque chose, c'est y penser. C'est donc faire le plein, intérieurement, de cette chose. Rechercher à faire le vide intérieur pour accueillir la nouveauté est donc inefficace. Être attentif, c'est se remplir et non se vider. Nous changeons tout simplement de pensée.

De la même façon que le geste mental et le geste physique se font écho, le corps et l'esprit sont des métaphores de l'un et de l'autre. Observons comment nous faisons pour chasser le goût de quelque chose. Par exemple, nous mangeons des fraises mûres. Et nous tombons soudain, en la goûtant, sur une fraise un peu pourrie. Que faisons-nous ? Nous la crachons, et puis ? Nous pouvons nous rincer la boucher avec de l'eau. Et si nous n'en avons pas ?... Nous en mangeons une autre pour chasser le goût de la dernière et en contacter un nouveau. Il n'est donc pas nécessaire de faire le vide, faire le plein d'une nouveauté suffit.

Que faisaient les acteurs après avoir subi le fort éclairage de la scène ? Ils se mettaient dans une pièce tapissée de vert, couleur qui repose les yeux. Visiblement, ce serait plus efficace que de garder les yeux fermés. Au lieu de faire le vide (ne plus voir), ils faisaient le plein d'autre chose (la couleur verte).

Que faisons-nous dans un sport où nous pouvons tomber (le cheval, le ski...) lorsque nous chutons ? Nous recommençons le plus rapidement possible. Pour éviter que le goût de la chute subsiste en nous. Pourquoi ? Car penser à rien n'est pas possible, nous continuons de penser avec l'expérience disponible. Si c'est celle d'un échec, nous risquons de le ressasser. Et de nous y enfermer.

Aussi, et c'est là une pratique pour garder la motivation, lorsque nous vivons un échec, il est important de vivre le plus rapidement possible un succès dans le même domaine ou un domaine le plus proche possible. Autrement nous risquons de garder l'échec en tête et mettre en échec notre motivation.

Puisque nous pensons forcément à quelque chose, faisons en sorte que ce quelque chose nous apporte joie et réconfort.

Devrions-nous alors bannir toute pensée de situations échouées ?... Ce serait excessif. Nous pouvons réfléchir dessus en recherchant comment nous pourrions faire, lorsque l'occasion se présentera de nouveau, pour réussir. Nous apprenons ainsi de nos erreurs (elles sont d'ailleurs indispensables pour apprendre) en trouvant le moyen de les éviter et celui de réussir.

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Published by Frédéric Rava - dans Motivation
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 10:00

Pour les élèves qui ont encore envie de travailler mais ne savent pas comment s'y prendre, de petits objectifs atteignables peuvent aider. Par exemple choisir un cours de la journée à raconter, avant de pouvoir le faire pour tous...

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Published by Frédéric Rava - dans Motivation MéMoRiSaTiOn
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 10:00

Souvent les gens disent ne pas aimer travailler. Peut-être est-ce vrai. Ce qui l'est davantage, c'est que beaucoup de personnes travaillent n'importe comment. Ne serait-ce pas cela finalement que nous n'aimons pas, le n'importe quoi ?...

Prenons l'exemple des exercices. Comment les corrigeons-nous ?

Nous écarterons le cas des professeurs qui donnent des exercices et ne les corrigent pas. Cette faute professionnelle grave, car elle instille l'idée pernicieuse de l'absurdité de l'école donc grève tout apprentissage futur, existe mais est somme toute peu répandue.

Dans la très grande majorité des cas, les enseignants corrigent les exercices, ou lorsque nous faisons nous-même des exercices, nous les corrigeons pour savoir "si on a bon" comme me le dit un jeune l'autre jour. Mais que faisons-nous de cette correction ?
Déjà, il y a l'erreur commune chez les élèves de se contenter de vérifier si leurs réponses sont justes. Ce n'est déjà pas mal, mais c'est incomplet. Là où le professeur se sera donné la peine de faire une phrase voire un paragraphe, l'élève se satisfait à tort de son "oui", de son "x = 3", etc. Aussi ce dernier ne comprendra pas pourquoi il n'aura pas tous les points au contrôle alors que sa réponse est juste. Juste oui, mais incomplète. En résumé, commencer par vérifier la justesse de sa production, d'accord, mais poursuivre en vérifiant si le travail produit est bien complet. Nous retrouvons la triple activité qui aère le cerveau : VMC, vérifier, modifier, compléter.
Le maître-mot est exercice : l'exercice prépare au contrôle comme l'entraînement préparer au match. Donc un exercice se rédige dans les conditions du contrôle. Autrement nous manquerons de temps (ceux qui ne finissent pas le dernier exercice se retrouveront) et dans une moindre mesure, nous manquerons d'assurance (ceux qui ont barré leur réponse exacte pour en fournir une autre s'alarmeront), même si cette baisse de confiance en soi est due à une autre négligence.

Vérifier si sa production est juste et complète est déjà un premier point.
Il y en a d'autres.
Comme l'objectif de l'exercice est de s'exercer, se préparer au contrôle ou à la situation réelle d'utilisation de ses connaissances, préparons-nous à cette confrontation au réel.
Ici nous rencontrons la grande pratique de l'annulaire : une fois l'exercice terminé, tout cacher sauf l'énoncé et le refaire de tête. Il ne s'agit pas forcément d'apprendre par cœur l'exercice, mais surtout d'en comprendre l'articulation, la structure. Car ce sont les structures qui sont transférables. Ou si vous préférez les méthodes. Les données d'un exercice peuvent changer. Les méthodes beaucoup moins.
Mais il y a encore mieux en terme d'efficacité.
Prenons notre copie corrigée, par nos soins ou celle du professeur. D'accord il y a des annotations en rouge, en vert, en bleu... Mais en quoi cela me prépare-t-il à la vie réelle, au contrôle, à l'examen, au concours ?... Cela me fait une belle jambe de savoir que ce mot s'écrit comme ça, mais est-ce que je peux marcher avec seulement un trait rouge ?

Non, il me faut savoir refaire entièrement l'exercice. Sur le papier. Sans aucune rature.
Prenons un exercice de traduction. Je corrige en rouge mes phrases traduites. Très bien. Mais si je m'arrête là, je risque les refaire très longtemps ces erreurs. Je vais donc m'atteler à réécrire la phrase entièrement. Et en évocation bien sûr, c'est-à-dire en utilisant un protocole de séparation (dans l'espace ou dans le temps) : je ne garde pas le corrigé sous les yeux pour corriger ma copie. Quand je réécris la phrase correcte, je le fais de tête, sans avoir sous les yeux ni la correction, ni ce que j'ai écrit auparavant. Car il faudrait savoir : je veux arriver à l'écrire parfaitement cette phrase oui ou non ?...

Donc pour chaque phrase, revenir et revenir dessus, jusqu'à écrire la phrase parfaite.

Et si on pousse le raisonnement jusqu'au bout, savoir refaire tout l'exercice comme ça... Tout juste, du début à la fin, voire même de la fin au début, dans n'importe quel sens, mais pas n'importe comment !

Oui, parfois nous devons travailler comme un bœuf pour labourer le champ de notre ignorance.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 10:00

Il arrivera un jour où nous découvrirons que les jeux vidéos sont une drogue. Ou que la dose qui fait sombrer dans l'addiction est suffisamment faible pour inviter à une grande prudence envers eux (comme ce fut le cas pour l'alcool et la cigarette).

Mais comme pour toutes les drogues, qu'est-ce qui nous fait tomber dans l'addiction ?
Plusieurs facteurs sans doute, notamment la confusion entre besoin et désir.
Un besoin satisfait engendre du plaisir. Un désir avide par nature ne se satisfait pas.

Quand on mange par faim, au bout d'un moment on s'arrête, on n'a plus faim et on est satisfait.
Quand on mange par avidité, rien ne pourra nous satisfaire. Nous pourrons même en souvenir d'anciens Romains nous faire vomir pour continuer d'avoir le plaisir d'ingurgiter solides et liquides comestibles.
Pourquoi continuer de satisfaire ce qui ne peut être satisfait ?
Souvent parce que nous nous sommes trompés sur la nature du besoin ou du désir. Nous pensions avoir besoin d'une chose alors qu'en réalité nous en avions besoin d'une autre.
Par exemple nous pensions avoir faim, nous nous jetons sur la nourriture, en vain car notre faim semble se poursuivre sans fin... Nous mangeons en vain comme vingt et sans vin, c'est sans fin cette faim... Pardon de cette digression à la Devos, juste pour signifier l'absurde de cette situation.
Nous pensions avoir faim alors que, par exemple, nous étions en réalité fatigués. Une sieste, un petit somme, une nuit de sommeil eurent été préférables. Mais comme nous avons mangé sans réel besoin, notre organisme dépense encore plus d'énergie pour digérer cette nourriture inutile, ce qui le fatigue d'autant plus, ce qui va augmenter un besoin que nous croyons être de la faim... ce qui va nous précipiter encore davantage sur la nourriture, et c'est un cycle infernal (dans lequel on s'enferre).

Une difficulté de l'addiction est qu'elle correspond bien à un besoin, mais mal identifié, mal cerné, un besoin auquel on n'a pas attribué sa juste place, son juste moment, sa juste dose, sa juste intensité, son juste rythme...

Jouer aux jeux vidéos n'est donc pas un mal en soi. Cela correspond à un besoin.
Sur le plan cognitif, quel geste mental est le plus sollicité dans les jeux vidéos ?...
Si on considère qu'un jeu nous demande d'utiliser nos connaissances, de s'appuyer sur des règles, de tenir compte des autres, alors le geste mental prédominant est celui de réflexion.
Et si nous jouions trop aux jeux vidéos à cause de la récession de la réflexion en classe ?...

Certes, la réflexion peut avoir la froideur du métal, mais aussi la douceur de la soie, ce tissu délicat dont sont issus des vêtements à la fois si légers et si chauds...

Ouvrons donc le geste de réflexion, sinon les jeux vidéos se refermeront sur nous comme un cocon confortable mais mortifère. Redonnons à réfléchir en classe afin de retrouver le goût du plaisir dans les jeux.

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Published by Frédéric Rava - dans Réflexion Motivation
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 10:00

Dans la formation Animer le dialogue pédagogique, nous apprenons qu'entre ce qu'une personne dit et ce qu'elle pense, il y a un écart. Écart naturel car entre ce qui se passe en la personne, ce dont elle est consciente, ce qu'elle arrive à formuler et ce qu'elle consent de dire, il y a souvent des pertes.

Nous pouvons vivre cette expérience en apprenant une langue étrangère : parfois nous dirons ce que nous pourrons, et pas forcément ce que nous voulons.

Dans notre vie, quotidienne, familiale, sociale... c'est la même chose.
Nous sentons un écart, une perte d'intensité entre ce que nous vivons et ce que nous pouvons en dire. Aussi sommes-nous heureux de pouvoir trouver nos idées, nos pensées, nos sentiments, nos sensations si justement décrits sous la plume d'un auteur dont nous ferons alors la publicité.

La littérature est alors une mise en lettre de notre intériorité. Écrire devient mettre en lettres notre intérieur. Et cette mise en ordre à l'extérieur clarifie notre intérieur brouillon, et cette concordance entre le monde et nous délivre un sentiment d'harmonie.
À nous de trouver les lectures dont nous sommes le reflet...

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 09:00

Le jour où je vous ai dit que votre niveau littéraire laissait à désirer, vous avez sursauté, et protesté, réagissant ainsi comme je l'avais espéré.
En troisième, on peut croire que l'on est "littéraire" et de ce fait se laisser aller en "sciences"...
Croyez-vous que "littéraire" rime avec consommateur de livres ?...
En ce cas, les mites et autres animaux se repaissant des pages teintées à l'encre noire sont des bêtes de littérature.
Vous avez protesté en arguant votre lecture d'un ouvrage de Sartre, celui où il dit que l'enfer, c'est les autres.
Citation que vous croyez avoir comprise... mais quelle est votre compréhension de cette phrase ? Que votre sœur vous tape sur les nerfs ? Que vos parents sont pénibles et limitent votre liberté ou supposée telle ?...

Croire qu'un abandon, tout au moins un laisser-aller, dans les domaines scientifiques (ou autres) parce que l'on se destine à devenir un "littéraire", est la marque d'une attitude digne d'un "littéraire" serait une grave erreur.
Tout d'abord, les grands noms de la littérature vous donnent tort : la plupart d'entre eux furent des esprits universels, donc ouverts et curieux de tout.
Ensuite, en limitant votre connaissance scientifique à celle de la troisième, vous n'avez guère plus que le bagage d'un honnête homme du... dix-neuvième siècle...
Enfin, le collège n'offre en réalité qu'une initiation aux sciences et masque à la fois les opérations de la pensée et les grandes idées philosophiques incluses dans la physique ou la chimie.
La rigueur du raisonnement scientifique se retrouve dans la discipline reine du bloc "littéraire" : la philosophie.
Renoncer dès à présent à exercer votre esprit à la rigueur, c'est gréver vos chances d'atteindre les sommets de la pensée philosophique.

Vous me dites être littéraire.
Mais parlez-vous grec, parlez-vous latin ?...
Comment vous réclamer d'un fleuve dont vous ignorez les sources ?....
Connaissez les œuvres fondatrices et fécondes de la pensée européenne ?...
Gardez à l'esprit ces paroles d'un certain Guillaume : nous sommes des nains, mais des nains juchés sur des épaules de géants.
De quels géants peut-il bien s'agir ?...
Nous avons tous en Europe un héritage à découvrir : celui du monde gréco-romain et celui du monde judéo-chrétien.
L'Iliade et l'Odyssée d'une part, la Bible d'autre part, voilà, avec leurs contextes, ce qui fondent notre culture. Le Grec nous a donné la vue et l'Hébreu l'ouïe.
A vous de choisir d'être aveugle, sourd ou les deux.
En ces temps troublés, parler d'une collection d'ouvrages au nom prestigieux, "Bible", pourrait sembler être du prosélytisme. Loin de moi cette idée. Je vous invite seulement à recueillir votre héritage, à vous ensuite d'en disposer comme bon vous semble.
Et puis, savoir ce qui agit en vous, car nous avons tous de par notre croissance dans notre environnement culturel reçu cette empreinte, n'est-ce pas déjà un pas supplémentaire vers la liberté ?... À moins de se limiter à une interprétation de la phrase de Spinoza, "on se sent libre quand on ignore les causes qui nous font agir".

Mais à quoi bon ?
Oui, à quoi bon écrire ces lignes ?... Où est le but ?
Pourquoi les "sciences" ou la "littérature" ?...
Pourquoi vous inviterais-je à l'une et aux autres et non pas à l'une ou aux autres ?...
Parce qu'il me semble qu'un des buts fondamentaux de l'existence humaine est d'être de plus en plus conscient, d'exercer et de développer une conscience de plus en plus raffinée du monde dans lequel nous évoluons.
Là est un des projets de chaque être humain, et sans doute l'institution d'organisations comme le "collège" ou le "lycée" : rendre ses fréquentateurs de plus en plus conscients.
L'enfant a une conscience limitée du monde qui l'entoure, le sage - ou le vrai philosophe si vous préférez - une conscience illimitée. Une conscience, pas un savoir.
Chaque matière "scolaire" vous invite à travailler votre conscience du monde, à affiner votre regard, à construire une nouvelle écoute.
La physique vous invite à observer la concrétitude du monde pour accéder par sauts à une abstraction qui vous permettra en retour de mieux comprendre (dont un des sens est prendre avec soi) cette réalité.
Et le "français" ?...
Ne vous invite-t-il pas à découvrir avec toujours plus de finesse et d'exactitude, et donc de potentielle maîtrise, la façon dont ces sons ou ces lettres écrites, qui ont du sens, je veux dire les mots, influent votre pensée, votre affect, votre ressenti.
De la même façon que les peintres recherchent l'effet produit par l'association de deux couleurs, les poètes, par exemple, s'interrogent sur le ressenti provoqué ou suscité par des mots mis ensemble.
Les grammairiens, les linguistes recherchent le ressort des mots : par exemple pourquoi et en quoi si je modifie l'ordre nom - adjectif je produis tel effet chez le locuteur ou le lecteur : un grand homme, un homme grand... un petit chien, un chien petit...
La littérature et les "gens de lettre" pensent sur le pouvoir évocatif des mots, des phrases, la description du réel par la langue, les idées produites par un idiome...
Tous les liens entre la langue et le réel, voilà le champ de conscience qu'étudie le domaine littéraire.

Ouvrez donc vos projets d'études, ne les enfermez pas dans des idées toutes faites, vous savez, les préjugés, ce que les grands noms de la littérature ont dans leur ensemble combattus.
Poursuivez, élargissez, intensifiez votre étude.
Vous découvrirez que la Vie est infiniment plus riche que la meilleure description que l'on puisse en faire.
Lisez donc ce qui fut écrit au bout d'une plume et prenez enfin votre envol vers la plus noble destination : le meilleur de vous-même, le cœur de votre être.
Bon voyage.

Frédéric Rava-Reny

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 10:59

Plus notre langage est précis, plus notre pouvoir augmente.
Lorsque nous demandons à quelqu'un d'accomplir une tâche, et que nous lui disons que "c'est facile", ne parlons-nous pas à sa place ?
Après tout, peut-être vivra-t-il cette tâche comme difficile...
Nous pourrions aller jusqu'à dire qu'en disant, à l'avance, "c'est facile", nous n'accueillons pas le vécu de l'autre.
Mais que voulons-nous dire par "c'est facile" ?...
Nous espérons souvent aider l'autre... et surtout lui dire que "c'est faisable".

De même, en tant qu'élève ou qu'apprenant, n'avons-nous pas tendance à confondre "difficile" et "infaisable" ?...
Un élève, de tout âge, soupirant "c'est difficile" peut parfois vouloir dire "c'est infaisable"... donc, à ne pas faire !
Et ne se risque pas à le faire.

Toujours plus de clarté dans le langage...
Tiens, en chinois, clarté s'écrit avec le caractère du soleil 日et de la lune 月 mis côte à côte 明... et cela veut aussi dire... compréhension.

Comme si le fait de se donner
des exemples (en pédagogie chinoise, exemples yang 阳)
et
des contre-exemples (en pédagogie chinoise, exemples inn 阴)
nous permettait de mieux voir le jeu d'ombre et de lumière et par contraste de mieux saisir ce qu'il y a à voir... ou à comprendre...

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:00

C'est les vacances, je sors un vieil article des cartons... de 2009.

Une question revient lors des entretiens (ou en formation) : et maintenant, j'en fais quoi de ce que j'ai découvert sur moi ?
Comment je peux me servir de savoir que je me parle d'abord, que je vois ensuite et qu'enfin je crée une action en me parlant de nouveau ?...

Voici donc un exemple avec un compte-rendu d'une séance d'exploration.

• Cadrage
- Et vous venez pour quoi aujourd'hui ?...
- J'ai du mal à me motiver pour me mettre au travail.

• Synthèse des démarches mentales et pistes suivies ou à explorer

1) Je commence mon activité mentale en me parlant : saisie par évocation verbale.
Conséquences :
a) Quand je n'y arrive pas, me suis-je parlé ?...
Réponse : oui, il arrive que je commence par une image... et du coup j'en suis resté là.
b) Si je me suis parlé, me suis-je parlé des éléments pertinents ?
On peut en effet se tenir un discours intérieur sur des éléments qui ne permettent pas d'atteindre l'objectif : exemple, on va m'interroger sur les couleurs d'un tableau et j'ai compté le nombre de personnages.

2) Je poursuis mon activité mentale en visualisant : stabilisation par évocation visuelle.
L'image, concrète de préférence (P1), sert d'appui, et aussi d'y revenir en cas d'erreur.
Conséquences :
a) Lorsque je me suis parlé, ai-je prolongé mon évocation verbale par une évocation visuelle ?
b) Ai-je une évocation visuelle pertinente (reprend-elle les éléments pertinents du discours) ?

3) Je prolonge mon activité mentale en mettant en mouvement en me parlant : dynamisme par évocation verbale
Je fais une action.
Conséquences :
a) À partir de mon image, me suis-je parlé ?
b) Est-ce que mon discours me permet de mettre en mouvement l'image que j'ai ?

• Note générale sur la traduction visuelle du discours :
Vérifier que l'image correspond bien au mot qu'elle illustre, et permet de retrouver sans erreur l'information de départ.
Exemple : pour garder l'information "mandarine", l'image fabriquée peut se lire "mandarine" mais aussi "clémentine", d'où un risque d'erreur important. Pour éviter cet écueil, trouver une stratégie adaptée aux projets de chacun.
Parfois la prégnance de l'image visuelle va faire perdre de vue le son qui l'a créée, et des projets de sens dominants vont la renforcer.
Exemple : pour évoquer les mots "fleur" et "pâtisserie" que je dois redonner ensemble, j'évoque visuellement une pâtisserie (un éclair au chocolat) avec à côté un bonbon avec le dessin d'une fleur dessus? Ce bonbon a une couleur, violette, comme le nom d'une fleur. Et je n'aime pas les bonbons à la violette donc je me dis bonbon - pas bon.
Quand on me demande ce que j'ai gardé, je redonne : "pâtisserie/ bonbon" au lieu de "pâtisserie / fleur".
Pour me souvenir de pâtisserie à partir de l'éclair, je me suis dis sur l'image : l'éclair est une pâtisserie.
Pour bonbon, comme un objet concret a forcément une couleur, la couleur violette s'est imposée. Mais le motif de la fleur était trop petit.
Comme je comprends mieux par la différence (projet d'opposant), l'association bonbon - pas bon a renforcé l'information "bonbon" au détriment "violette" qui devait véhiculer l'information "fleur".

Comme quoi les erreurs sont signifiantes...

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Published by Frédéric Rava - dans Motivation Dialogue
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